CARDUUS MARIANUS : le Chardon Marie (Silybum marianum)

Écrit par Luc Delem

C’est une plante qui se complaît dans les terrains incultes, secs et rocailleux. La tige robuste et velue est garnie de feuilles glabres et marbrées de blanc. La volumineuse fleur rose est entourée de bractées épineuses.

La légende raconte que les marbrures blanches sur les feuilles seraient dues à l’imprégnation du lait tombé du sein de Marie protégeant l’enfant Jésus contre la persécution d’Hérode. Le chardon Marie a donc une forte connotation religieuse. Il meurt après avoir fructifié. Il choisit une inflorescence en candélabre et se fige dans une rigueur excessive (celle des bons préceptes) qui empêche de vivre. Le cardon, carence du don, évoque le refus de la cordialité, l’enfermement dans l’intellect. L’inconscient devient représenté, conscient. Les chardons piquent les hommes pour les tirer de leurs réflexions solitaires et les faire cesser de remâcher leur culpabilité.

 

Les jeunes feuilles se mangeaient en salade et le capitule, cuit à l’eau, se mangeait comme l’artichaut.

Hildegarde von Bingen affirmait que le chardon Marie naissait de la saveur piquante de la terre et combattait la douleur au cœur et aux membres.

Partie utilisée : le fruit.

Constituants :

  • 0,1 % d’huile essentielle ;
  • 26 à 28 % d’albumine (tyramine, histamine, etc.) ;
  • 16 à 28 % d’huile grasse à haute teneur en acides gras insaturés.
  • Des flavonolignanes, dont la Silymarine, qui interviennent dans la restauration hépatique. Les isomères de la silymarine (silybine, silydianine, silychristine) possèdent des propriétés modérément antipyrétiques et sympatholytiques.
  • Mucilage, tanins et des acides résiniques responsables de l’amertume.

Action pharmacologiques : plusieurs propriétés pharmacologiques sont bien documentées.

En plus de son effet hépato-protecteur, le Carduus marianus a des propriétés :

  • anti-oxydantes : la silymarine réagit avec les radicaux libres et les transforme en composés plus stables et moins réactionnels.
  • anti-inflammatoires
  • anti-tumorales : différentes expériences ont démontré que la silymarine agissait comme un véritable agent de chimio-prévention envers le cancer, à l’instar de bien d’autres aliments.
  • Carduus marianus empêche l’apparition d’ulcères gastriques en réduisant la concentration en histamine un peu à la manière d’un anti-H2, si on peut dire !
  • Le chardon Marie inhibe la peroxydation des lipides et stimule la biosynthèse des protéines et accélère de ce fait, la régénération du foie.
  • Le Chardon Marie semble avoir des effets bénéfiques au niveau de la peau, notamment au niveau de l’élasticité de celle-ci en réduisant, de façon significative, l’activité de l’élastase. Il réduit l’œdème et inhibe l’activité de la myéloperoxydase dans la dermatite causée par l’huile de croton ou dans un érythème provoqué par une exposition intense aux rayons UV.

Utilisation thérapeutique :

  • Le Chardon Marie est Hépato protecteur : la silymarine protège la fonction hépatique et la restaure. Cette propriété semble reposer sur un effet de stabilisation de la membrane. Carduus marianus exerce une action protectrice et curative au niveau du foie dans la cirrhose (abus d’alcool, etc.), l’hépatite et la cholécystopathie chronique.
  • Carduus marianus améliore la circulation abdominale du sang (veine porte). Il est donc utile dans le traitement des hémorroïdes, en cas d’hémorragie utérine et de troubles menstruels.
  • Étant anti-hémorragique et faiblement spasmolytique (silymarine), on utilisera le chardon Marie dans la ménorragie, l’épistaxis, la métrorragie, les hémorroïdes, les varices et les ulcères variqueux.
  • La tyramine élève la pression sanguine et certains auteurs utilisent le Carduus marianus dans le traitement de l’hypotension.

Posologie :

Carduus marianus TM : 30 gouttes, 3 fois par jour.

Le chardon Marie est dépourvu de toute toxicité. Néanmoins, son usage sera évité durant la grossesse et l’allaitement.

Homéopathie : remède d’action limitée :

Foie et circulation portale

Principaux symptômes :

Psychique :

  • facilement irrité
  • sensation de plénitude et de lourdeur de la tête.

Généraux :

  • Frilosité : surtout au lever. La nuit, aggravé en se découvrant. Froideur des genoux et tête très sensible au froid.
  • Transpiration chaude en se réveillant la nuit.
  • Intolérance au gras. Aggravé par les œufs, la viande et le lait.
  • Grande soif, mais ne doit boire que de petites quantités sous peine de vomissements ou de diarrhée.
  • Vertige amélioré par un saignement de nez soudain et abondant.

Physiques :

  • Céphalée frontale aggravée au dessus de l’œil droit. Aggravée par le mouvement et la toux.
  • Nausées à la palpation de l’épigastre ou du foie.
  • Au réveil, efforts de vomissement jusqu’à évacuation de mucosités verdâtres et de liquide acide.
  • Constipation avec selles dures, noueuses et difficiles à expulser.
  • Urine jaune or.
  • Hypertrophie hépatique. Hypochondre droit très sensible au toucher même quand le foie n’est pas hypertrophié ou congestionné. Douleur dans l’hypochondre droit en étant allongé sur le côté gauche.
  • Congestion portale et pelvienne : hémorroïdes et varices.

Modalités :

Aggravé par le temps chaud et humide, l’alcool, la bière, le gras, les œufs et la viande.

Amélioré par le temps sec, le plein air.

CALLUNA VULGARIS

Écologie et phytosociologie

La bruyère est le témoin de la lande, c’est-à-dire de la fin de la forêt. Elle envahit l’humus acidifié, usé, décomposé ; ses racines infiltrent le terrain au point de former un lacis impénétrable à l’ensemencement d’autres espèces. C’est la dégradation irréversible du sol, où seules deux espèces fécondantes, Betula Verrucosa et Pinus Sylvestris, peuvent réintroduire le cycle forestier ; la lande peut être tourbeuse humide et acide, mésophile ou sèche, la bruyère y trouve un terrain de prédilection et son extension est bloquée par le froid.

Indications thérapeutiques

Ce qui caractérise Calluna, c’est son syndrome hypo-immun post-inflammatoire chronique.

Remèdes de scléroamylose quand l’hyalinose se déprécie vers l’amylose, Calluna vulgaris est le remède.

Si l’amylose est fixée, il est trop tard. Calluna Vulgaris agit dans toute affection en voie de dégénérescence amyloïde : cerveau, foie, rate, reins, muqueuses digestives, glandes endocrines et ramène le malade en état d’hyalinose (Vaccinium Vitis Idaea).

  • Agit donc dans les maladies à suppuration prolongée : ostéomyélite chronique tuberculose fibreuse, pyélonéphrite chronique, polyarthrite rhumatoïde.
  • Remède de néphroamylose.
  • Avec Juniperus Communis : lithiase rénale oxalocalcique.

Luc Delem

Written by Arrsanté.ca
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